Pour un anticommunisme « bio » et éco-responsable

« Le communisme, c’est comme le farci poitevin : il paraît que c’est génial quand c’est bien fait, mais jusqu’à maintenant, tous ceux qui y ont goûté ont trouvé ça dégueulasse » ; c’est ainsi que je réponds habituellement quand on me demande mon avis sur le système hérité de Marx qui a régné sur un quart de la planète pendant soixante-dix ans, dans la mesure où je ne comprends pas grand’chose aux systèmes et aux idées politiques (et pour cause, j’ai voté Macron !), et où, en toute honnêteté, je m’en fous un peu.

Oh, je sais, je sais : cent millions de morts, c’est effroyable ma bonne dame, et l’on ne peut traiter ça comme le ragoût peu ragoutant dont sont pourtant si fiers les électeurs de Raffarin. C’est un fait. Mais si je ne suis pas communiste pour un kopeck ou une bouteille de vodka, j’ai du mal à adhérer à la rhétorique anti-communiste basique, héritée de la guerre froide, binaire, avec d’un côté les gentils et de l’autre des alcooliques incultes avec des chapeaux en fourrure ridicules.

 

L’agitation balistique du petit gros Nord-Coréen ne m’empêche pas de dormir, pas plus que les camps de rééducation pour opposants politiques ou les coupures d’électricité récurrentes du côté septentrional du 38e parallèle. Lorsqu’on me parle des prétendues « atrocités du régime », du caractère « concentrationnaire » de ce pays, j’ai tendance à répondre : 1) qu’en sait-on ? puisque personne n’a jamais pu aller y faire librement un reportage, 2) le Juché, c’est comme la tête de veau ou le fist-fucking : si vous n’aimez pas ça, n’en dégoûtez pas les autres !

 

 

Lancer de communistes

 

 

Je reconnais toutefois le caractère ludique que peut revêtir la lutte anti-cocos, comme chez ce bon vieux Pinochet (dont le nom est déjà en soi assez rigolo) : balancer des rouges depuis des hélicoptères doit être un divertissement de choix, bien plus que les sinistres baptêmes de l’air que l’on nous propose dans les aérodromes de nos si peu rieuses latitudes européennes. À la limite, on pourrait apporter un peu de fun à la chose en balançant des militants mélenchonistes depuis des montgolfières, ce serait tout de suite moins chiant et ça assainirait le débat public. Cela dit, nous vivons à une époque où l’on doit faire preuve de parcimonie énergétique, et brûler du carburant en faisant faire à des marxistes du saut en parachute sans parachute, voilà qui n’est pas bon pour le bilan carbone et le trou de la couche d’ozone. Idem lorsqu’on balance à la flotte des déchets, comme ces Allemands qui se débarrassèrent de Rosa Luxemburg dans un canal ; pense t-on seulement à l’impact environnemental de ces pratiques récréatives ? Jusqu’à preuve du contraire, le communiste n’est pas biodégradable, et difficilement recyclable.

 

Bref, l’anti-communisme, pourquoi pas, à condition qu’il soit éco-responsable. C’est une affaire qui nous concerne tous. A nous d’imaginer l’anti-communisme « bio », 100% durable et renouvelable (les pendre à des éoliennes, ou bien les griller sur chaise électrique fonctionnant à l’énergie solaire ?). On attend un Pinochet version 2.0.

 

Clovis Deforme.

 

A propos de Clovis Deforme 13 Articles
Né à la fin du XXème siècle. A rejoint la Camisole en 2015. Elu à l'Académie française en 2058.

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