France souviens toi de ton terroir ! Partie 3/3, suite et fin

Nous avons décrit la dégradation des sols. Ceux-ci s’appauvrissent, diminuant par la même les rendements de l’agriculture. Partant de ce constat, les hommes ont réagi par l’apport d’engrais chimiques. Leur fonction est de stimuler les bactéries, hors les bactéries ne font pas d’humus, elles minéralisent l’humus et se multiplient vingt fois plus vite que les champignons. Les engrais chimiques accélèrent la minéralisation de la matière organique. Quand la quantité de matière organique tombe trop bas, la faune disparaît car elle se nourrit de matière organique. Le cycle naturel de la formation des sols est rompu. En France, il y avait 2 tonnes de vers de terre à l’hectare en 1950. Aujourd’hui, il y en a moins de 100 kg. Sans vers de terre, le sol ne peut plus se reconstituer faute de remonté de terre en surface. Les éléments chimiques descendent et polluent par là les nappes phréatiques et les rivières. La terre se dénue ainsi de tous ses éléments nutritifs et par la même de sa fertilité. Les rendements en sont les premiers touchés. Dans les années 1980, avec des blés dont la génétique était prédisposée à un rendement de 110 quintaux par hectare, on atteignait un résultat de seulement 100 quintaux. Aujourd’hui avec des blés à 150 quintaux par hectare on ne fait plus que 90 quintaux de rendement.

Ainsi, les abus et les absurdités des méthodes intensives et productivistes doivent nous conduire à repenser l’agriculture en France. Pour se faire nous devons réemployer l’apport des sciences dans l’agriculture. Le productivisme agraire, induit par la mondialisation, a organisé le secteur primaire pendant près de quarante ans dans le but de faire tourner le business agro-industriel. Il a délaissé la paysannerie française, participant ainsi à la déconstruction d’une société rurale pourtant pluriséculaire. La France doit donc apporter une réponse politique a ce risque. Les conséquences de quatre décennies de domination de la production intensive doivent nous pousser à entreprendre une reconversion de notre agriculture. Aujourd’hui, le modèle agraire actuel de la France ne lui permet plus de rivaliser avec ses grands concurrents mondiaux. Ses sols sont épuisés, sa superficie est insuffisante et son système salarial est trop onéreux. Elle ne peut être compétitive dans ce mode de production. Comment voulez-vous rivaliser avec de grands ensembles tels que les Etats-Unis ou le brésil qui possèdent respectivement 411,2 millions d’hectares de surface agricole utile et 263,5 millions quand nous n’en possédons que 29 millions. C’est tout bonnement impossible. Si elle veut sauver son secteur primaire, l’agriculture française doit se reconvertir dans une agriculture de très haute qualité (biologique), dans une production agraire raisonnée, durable et respectueuse de l’homme et de son terroir. Elle doit faire le choix des emplois locaux et pérennes, plutôt que celui de la délocalisation de nos élevages et de nos plantations. C’est en favorisant la qualité de ses produits que notre pays pourra être compétitif sur le marché mondial. Selon les experts, il suffirait de cinq ans à la France pour voir son secteur primaire entièrement reconverti dans le biologique. Ecologie, identité, bien-être animal et qualité de la production, toutes ces thématiques seront prises en comptes par l’avènement de ce nouveau modèle agraire.

Le Stipendié de Siculie

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