Victoire de van der Bellen : 50% au Ministère de l’Intérieur, 100% dans les cimetières !

Depuis hier, dimanche 22 mai, la campagne autrichienne tenait toute l’Europe en haleine. La commission européenne avait déjà commencé à préparer ses annonces de boycott, Cambadélis son tweet de condamnation et Taubira un nouveau poème dans la grande tradition de la logorrhée césairienne inaudible à l’esprit français.

Qu’ils se rassurent ! C’est Alexander van der Bellen qui a été élu, une créature tout droit venue de la Guerre froide, sans doute inspiré par le messianisme européen et l’idéal écologiste qui aurait dû devenir le grand combat d’un monde réuni.  Face à Norbert Hofer, à son accent du pays, à sa mine épanouie qui respire l’honnêteté morale, la moitié de l’Autriche, celle des villes, des vieux, des expatriés, des cadres et des femmes a décidé de sacrifier l’autre partie à l’avenir de nos contrées pour préférer sortir un cadavre du passé.

Hélas, ces élections présidentielles autrichiennes semblent présager des nôtres autant qu’elles nous rappellent nombre d’élections. Que différencie Juppé et van der Bellen ? Tout aussi sûrs d’eux, tout aussi déracinés et défraîchis, il y a longtemps qu’ils traînent sur les trottoirs de la politique en attendant qu’on veuille bien daigner les siffler. Ils ont l’expérience du chemin ; les médias n’ont plus qu’à refaire un peu leur maquillage, rapiécer leurs collants déchirés par le stupre pour les envoyer séduire le peuple qui, fatigué des trop longues infidélités des partis traditionnels, cherche une nouvelle compagnie.

Plus singulièrement, c’est le scepticisme plus que la déception qui succède à cette défaite des Européens. Hofer gagnait par 52% dans un premier temps avant que les votes par correspondance n’inversent la tendance le lendemain. On n’en doute pas, les professeurs ont bien dû informer leurs élèves majeurs de l’importance de voter contre la haine, surtout ces élèves qui aiment à faire des fêtes quand il n’y a rien à fêter, à consommer l’inutile et à monter à l’assaut de Bastilles sans gardes. On n’en doute pas non plus, les retraités des hospices ont dû vouloir voter pour un camarade qui avait leur âge. Mais van der Bellen n’aura peut-être pas été le seul cadavre à avoir été sorti du placard et il aura, en bon écologiste, recyclé quelques électeurs ; ces fossoyeurs de la nation sont décidément les meilleurs défenseurs de la démocratie.

Renonçons dès maintenant aux victoires institutionnelles ; nous nous comportons en libéraux qui attendent des bénéfices de l’ordre et du droit. Seul un peuple qui aura su se délivrer des fers par un saint élan sera digne d’exister.

Cimon

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Comte des cigales. Lit Queneau dans sa baignoire

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