Faut-il sauver les marxistes ?

Mettons les pieds dans le plat: je ne suis absolument pas partisan de la sauvegarde artificielle des espèces menacées. Je me fiche bien des ours polaires, des pandas impuissants ou des tritons palmés. Je suis darwinien, et à ce titre, j’estime que les espèces qui ne savent pas s’adapter à leur environnement ne méritent pas de survivre.

Or, s’il est une espèce qui tarde plus que de raison à disparaître, c’est bien celle des marxistes. Le marxiste est un être généralement de constitution chétive (allergique au gluten, asthmatique, pied-bot,…), issu de la petite ou moyenne-bourgeoisie, qui croit en sa mission d’émancipateur du prolétariat en tenant un langage abstrus compréhensible uniquement des autres marxistes. Les marxistes aiment se retrouver dans des lieux de rencontre particuliers, comme le stand du PRCF à la fête de l’Huma, ce moment magique où, au coeur du riant 9-3, au milieu des fumets de mauvaises merguez carbonisées sur les barbecues cégétistes et sur fond de musique jamaïco-péruvienne jouée par des petits blancs à dread-locks, l’on imagine un futur idéal avec des licornes encornant les méchants patrons et actionnaires tout en se baignant dans des rivières de miel au son de l’Internationale. Le marxiste orthodoxe, lui, n’aime pas cet angélisme déviationniste social-démocrate. Le marxiste est quelqu’un de sérieux, il cite Engels, Kautsky, Lafargue, Clouscard aussi, depuis qu’un grand chauve monomaniaque et narcissique l’a remis à la mode. Il n’aime pas le divertissement bourgeois. Le marxiste est un peu chiant, c’est d’ailleurs pour cela qu’il n’est jamais invité dans les soirées étudiantes. De même, ses (rares) émois érotiques lui viennent de la vue sur Youtube des défilés de bataillons féminins de l’armée populaire nord-coréenne; personnellement, je préfère la rubrique « redheads » sur xHamster, c’est mon côté bourgeois, hermétique au charme prolétarien de l’ouvrière en bleu de travail… Le marxiste vit dans un monde hostile, où son discours, qui fonctionne certes très bien en circuit fermé, se retrouve invalidé par l’histoire, l’anthropologie, et les développements de l’économie. Il a même tendance à se contredire lui-même lorsqu’il parle de la religion comme « opium du peuple » qu’il faut éradiquer, et quand, deux phrases plus loin, il prend des accents messianiques pour parler du « grand soir », de l’avènement de la société communiste et de la disparition de l’Etat sur le mode de la parousie…# Bref, le marxiste est un être fondamentalement inadapté, qui ne survit aujourd’hui que par son salaire de prof du secondaire ou d’employé de médiathèque de province, octroyé par l’Etat bourgeois qu’il prétend combattre. Je crois avoir suffisamment démontré l’inintérêt de maintenir artificiellement en vie les marxistes au nom de la prétendue biodiversité, et propose donc:

1) le regroupement des marxistes en des zones closes, afin d’opérer une politique de recensement et d’observation scientifique des derniers spécimens existant;

2) l’aménagement des zones closes réservées aux marxistes, pour que la disparition de leur espèce s’effectue en douceur (par exemple, des haut-parleurs géants à l’intérieur des réserves leur diffuseraient des chants de l’armée rouge, des conférences d’Althusser et du Jean Ferrat) comme pour les natifs Américains aux Etats-Unis;

3) une politique de stérilisation des marxistes afin de hâter le processus de disparition de cette espèce qui coûte cher au contribuable;

4) si une commission d’éthique l’autorise, pratiquer sur les derniers marxistes des expériences médicales interdites sur les humains (les marxistes, comme les chimpanzés, ont 98% de gênes communs avec les humains) afin de faire progresser la science.

Debout, les ratés de la terre!

Clovis Deforme

A propos de Hector Burnouf 63 Articles
Comte des cigales. Lit Queneau dans sa baignoire

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire