La Chine, nouvelle puissance maritime ?

La marine chinoise, une force dont il serait bon de se méfier ?

 

Les pays de l’Est asiatique remarquent avec inquiétude que la Chine redouble d’efforts, ces derniers temps, pour étendre son influence sur mer.


Cette vaste politique expansionniste semble se déployer aussi bien vers les mers côtières comme la Mer Jaune ou la Mer de Chine que bien plus loin, dans l’Océan Indien et vers le Golfe d’Aden. Les Chinois se sont fixé trois objectifs principaux : développer une flotte de guerre puissante, grignoter des surfaces maritimes par la colonisation d’îlots et disposer de points d’appui pour la flotte le long des circuits commerciaux vitaux.

La marine chinoise dispose aujourd’hui d’un très grand nombre de bâtiments mais dont l’âge, le tonnage et la qualité diffèrent énormément. Nombreux sont les patrouilleurs, petits navires rapides et efficaces pour surveiller les eaux revendiquées et arraisonner les intrus par exemple, mais peu aptes à rivaliser avec les bâtiments japonais ou contre ceux du rival ultime, les États-Unis. Mais la marine chinoise dispose également de vaisseaux de tonnage et de puissance beaucoup plus sérieux. Elle a ainsi mis en service l’année dernière son premier porte-avions, bien que destiné à l’entraînement des pilotes. Il faut noter que ce développement naval n’est pas uniquement propre à la Chine. Les États voisins participent également à ce qui ressemble fort à une course aux armements, tels le Vietnam et le Japon, ce dernier semblant tourner le dos à sa constitution pacifiste.

Par ailleurs Pékin entretient de nombreux litiges frontaliers maritimes vis-à-vis de ses voisins. Il y a d’une part le conflit à propos des îles Ryukyu, au large de Shanghai et sous souveraineté japonaise, un conflit assez statique et qui ne se manifeste que par des survols agressifs. Cependant en Mer de Chine méridionale il en va tout autrement puisque la Chine, le Vietnam mais aussi les Philippines et la Malaisie se disputent activement les îlots déserts de l’archipel des Spratleys. L’enjeu de la souveraineté sur un rocher n’est pas sa possession en soi qui n’a généralement que peu d’intérêt mais bien les eaux territoriales et la zone économique exclusive qui en dépendent. Cette dernière, qui s’étend jusqu’à 200 milles au large, assure au propriétaire l’entière possession des ressources présentes (richesses halieutiques, pétrole, minerai).

La vision chinoise va cependant beaucoup plus loin. La plus grande partie de son approvisionnement en pétrole et 90 % de son commerce transitant par voie de mer, la priorité pour Pékin est de sécuriser ses routes commerciales vitales. On parle aujourd’hui du « collier de perles » pour désigner les installations navales implantées par la marine chinoise (une dizaine de bases) depuis le sud de la Chine (Hainan) jusqu’au Pakistan (port de Gwadar) et depuis peu jusqu’à Djibouti. L’objectif est ainsi d’assurer la protection du convoyage des hydrocarbures dont la plus grande part provient du Moyen-Orient et transite par l’Océan Indien tout en sécurisant l’importation des minerais précieux en provenance d’Afrique.

La marine chinoise est donc une entité en pleine expansion, qui se modernise rapidement et dont la capacité d’action ne cesse de s’étendre. Mais en prenant cette voie, la Chine inquiète ses voisins que ce soit le Japon, le Vietnam et les Philippines mais aussi l’Inde et l’Australie. Pour ne pas réunir contre elle une grande coalition sous l’égide de Washington, la Chine devra jouer serré.

Claude d’Autrel

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Comte des cigales. Lit Queneau dans sa baignoire

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