Sainte Geneviève : Sainte Patronne de Paris

La statue de Sainte Geneviève veille sur Paris

 

Née vers 420 à Nanterre d’une mère romaine et d’un père franc magistrat municipal à Paris, Geneviève décide, dès son plus jeune âge, sous l’influence de Saint Germain l’Auxerrois et de Saint Loup, de se consacrer à Dieu.

Si les ordres monastiques n’existent pas encore (Saint Benoît n’écrira sa règle qu’un siècle plus tard), il était en revanche courant que des jeunes femmes décident, à l’instar de Geneviève, de se consacrer à Dieu par une vie pieuse, chaste et ascétique, mais sans pour autant

se couper du monde.

En effet, à la mort de son père, Geneviève hérite de ses biens et de sa charge municipale. Elle n’a alors que

20 ans. Considérée comme une sainte de son vivant en raison des nombreux miracles qui lui sont attribués et de ses visions mystiques du Ciel et de l’Enfer, elle s’illustra surtout lors du siège de Paris par les troupes du redoutable Attila, surnommées « le fléau de Dieu ». Celles-ci, après avoir envahi l’Europe par l’est et rasé à peu près tout sur leur passage, arrivèrent à Paris et entreprirent d’assiéger la ville.

Affolée par la lâcheté de certains de ses compatriotes, Geneviève entreprit de haranguer les hommes de Paris et de leur faire défendre la ville, en leur tenant ce langage : « Que les hommes fuient, s’ils veulent, s’ils ne sont plus capables de se battre. Nous les femmes, nous prierons Dieu tant et tant qu’Il entendra nos supplications ».

Les hommes restant et les femmes priant, les Huns décident de lever un siège rendu inutile par le ravitaillement organisé par Geneviève et sont arrêtés net dans leur folie dévastatrice par Aetius à la célèbre bataille des Champs-Catalauniques. Par la suite, c’est encore Geneviève qui défend Paris contre le païen Childéric (le père de Clovis) et elle sera régulièrement priée par la population parisienne en danger au cours des siècles, notamment au début de la Première Guerre Mondiale, malgré la destruction de ses reliques par les révolutionnaires en 1793.

On doit également à Sainte Geneviève la construction, en 475, de l’église de Saint-Denis, qui deviendra ensuite une basilique, où sont enterrés 42 rois de France, de Dagobert à Louis XVIII.

Proche de la reine Clotilde, elle joue avec elle, et aux côtés de l’archevêque de Reims Saint Rémy, un rôle majeur dans la conversion de Clovis au catholicisme, une première pour un roi germain.

Décédée en 512, Sainte Geneviève sera enterrée aux côtés de Clovis et Clotilde dans une église qu’elle a fait construire dans le quartier latin et qui portera plus tard son nom.

Pierre Tomballe

A propos de Hector Burnouf 62 Articles
Comte des cigales. Lit Queneau dans sa baignoire

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire