L’école démocratique, portrait d’une auto-destruction

L’école républicaine la dérive dont tout le monde parle et se fiche en même temps ?

 

Le monde est plein d’idées chrétiennes devenues folles » écrivait Chesterton, l’école est un exemple de cette charité désordonnée qui mène à la démolition des institutions qui nous sont chères.

L’école républicaine s’inscrit en effet contre l’expérience du partage inégal de la pensée entre les hommes : elle refuse de voir les différences intellectuelles entre les élèves qui lui sont confiées, qui sont pourtant bien réelles. Partant de ce postulat idéologique, elle cherche à maintenir les enfants dans un même niveau gâchant ainsi les capacités des uns comme des autres: les plus doués ne sont pas poussés au delà de leurs limites tandis que les moins bons se désintéressent rapidement de cours qui ne les stimulent pas. La suppression des bourses au mérite est le symbole de ce furieux égalitarisme scolaire : le mérite est perçu comme un auto-piston, la bourse se fait dorénavant sur des critères sociaux. Devenant médiocre, l’école s’est créée une concurrente : l’école privée, que seuls peuvent se payer les élèves favorisés et dont le niveau est indéniablement reconnu, c’est donc en cherchant une égalité des chances que la République a divisé les élèves français en deux, plaçant d’un coté les plus aisés et de l’autre ceux qu’elle avait pour ambition d’aider.

Et pourtant ces élèves moins favorisés socialement peuvent être une chance aujourd’hui, nous avons besoin de nous rappeler l’héritage intellectuel et l’expérience humaine des siècles passés. Les classes populaires doivent participer à cette réflexion. L’école devrait permettre aux enfants des déshérités de se rendre maîtres de toutes les ressources du langage, de la culture et du savoir. Elle doit permettre que les plus brillants de ses enfants ne soient pas automatiquement aspirés dans la médiocrité de l’inculturation dominante. Pour cela, une école redevenue école de l’instruction, de la culture et du savoir, doit élever beaucoup des enfants de pauvres. Comme Camus, certains deviendront alors de grands intellectuels qui se souviendront de leurs origines, choisiront de ne pas se fondre dans les classes dominantes et pourront parler au nom du peuple, avec le raffinement d’une pensée élevée.

Evelyne Waugh

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Comte des cigales. Lit Queneau dans sa baignoire

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