Qu’est ce que La Camisole ?

Qu’est ce que La Camisole ?

Un nouveau journal narrant les événements assez minces de la vie étudiante ? Une obscure feuille de choux plagiant des dépêches AFP ? Ou juste, comme son nom pourrait l’indiquer, la revue de mode d’un asile d’aliénés ?

Une revue certes, mais qui aura d’autres intérêts que l’habit porté par les fous. Voulue par de jeunes étudiants vifs, passionnés et insolents, elle entend réveiller l’antique esprit batailleurs des universités parisiennes. Nul doute que les étudiants d’Assas, de la Sorbonne et d’ailleurs y trouveront matière à méditer. Elle s’intéressera autant aux faits de l’actualité qu’à ceux de notre culture. Un dossier s’attachera à détailler un thème d’actualité. D’autres pages vous feront découvrir et redécouvrir les œuvres littéraires ou cinématographiques qui le méritent. Il sera également question d’histoire, d’art, de Foi. Un entretien enfin sera voué au parcours ou à l’œuvre d’une personnalité. L’objet n’est pas de susciter dieu sait quel fade unanimisme mais bien de provoquer la controverse et de heurter vos consciences.

La Camisole entend bien mériter son nom. Comme une camisole modère les ardeurs des sujets de la médecine psychiatrique, elle saura d’abord bâillonner sa démesure pour ne pas irriter (trop tôt) ses plus fragiles lecteurs. Elle entend cependant jouir sans retenue d’une décennie aussi lamentable que prometteuse. Car La Camisole est pleine d’espérance. Par son allant, elle souhaite renouer avec le devoir, l’absolu et épouser le geste des grandes heures de notre histoire. Elle entend prouver que l’insolence n’est pas la propriété exclusive de vieux nostalgiques soixante huitards ou de serviles athées pratiquants. Elle portera la voix d’une France qui depuis toujours bataille, chante l’héroïsme et blâme l’impiété.

A nous de revendiquer la liberté morale et esthétique pour mieux blasphémer les médiocres vertus pharisiennes servant d’apanage moral à un régime déchu. A nous de prouver que face à un Occident persistant dans sa phase de pourrissement accéléré, la jeunesse n’a absolument rien à respecter. ; ni les vigilants sanglots des fragiles républicains, ni la créativité juridique invitant à la surveillance généralisée, ni l’inhibition sémantique de la novlangue démocratique et encore moins le multiculturalisme sacerdotal des anthropologues de salon.

Les sinistres farces républicaines annoncées toujours comme de fracassants progrès ne méritent que le mépris. Un mépris que nous ferons facétieux, qui s’autorisera la violence et s’obligera au talent. Un mépris qui sera évidemment souverain et si il le faut même, aristocratique dans son plaisir de déplaire. Un mépris qui ne lassera pas de vous séduire et qui à défaut de vous convaincre, brutalisera votre indifférence.

Hector Burnouf