Une perspective d’emploi étudiant lucratif: le social justice consulting

De nombreux étudiants nous écrivent pour louer la qualité de nos publications, et nous les en remercions. D’autres, nombreux également, prennent leur plume (ou plutôt leur clavier), assez maladroitement, pour solliciter auprès de la Camisole des conseils quant à la vie étudiante: comment s’en sortir quand on est pauvre, quels « jobs » sont compatibles avec un emploi du temps de licence, ceci cela… Ce n’est pas que la chose nous intéresse outre-mesure, mais pour nous faire une bonne publicité et gagner en capital-sympathie auprès des jeunes gens fréquentant les couloirs des universités, La Camisole, par ma voix, va procurer ainsi quelques trucs et astuces pour bien démarrer dans la vie et pouvoir terminer la fin du mois serein, sans avoir à craindre d’être persécuté par son propriétaire, son banquier, son coach-alimentation ou sa prof de yoga.

Un moyen simple de se faire de l’argent, outre la prostitution étudiante qui a ses charmes mais aussi ses inconvénients, réside dans le fait de vendre sa plume auprès d’associations « citoyennes » en quête de combats nouveaux, afin de donner à leurs membres l’impression d’exister et de leur permettre de penser à autre chose qu’aux 25 KG à perdre pour être considéré par la société autrement que comme un cul d’éléphant sur pattes. Je prendrai, à titre d’illustration, mon exemple personnel.

Comme certains estimés collègues rédacteurs de la Camisole « pigent » à droite à gauche dans des journaux de tailles et de bords bien différents, je « tapine » aussi bien vers les associations de minorités visibles qu’envers les comités de promotion de l’égalité des sexes. Ainsi, j’ai récemment attiré l’attention des lobbies représentant les enfants de nos colonies sur le fait que les fabricants de nains de jardin omettaient systématiquement la représentation de nains de jardin Noirs, véritable crime de lèse-diversité. Un procès fut engagé pour discrimination raciale, que nous gagnâmes, ce qui me permit de toucher une intéressante commission. De la même manière, je monte actuellement un dossier auprès d’associations féministes pour faire débaptiser l’ensemble des rues, squares et collèges Georges-Brassens de France et de Navarre, eu égard au traitement de la femme et du corps féminin donné par le chanteur à pipe et moustache (symbole phallocratique insupportable en 2017) dans des chansons telles que « Misogynie à part », « Hécatombe au marché de Brive-la-Gaillarde », « Putain de toi », ou encore «La chasse aux papillons », véritable appel au harcèlement de rue, voire au viol.

Aussi étonnant que ça puisse paraître, ces conneries pseudo-intellectualisée trouvent un certain écho dans la société actuelle, portés par les ligues de vertu susmentionnées. Je vous le dis, ça paye bien, c’est socialement plus valorisant que de travailler chez McDo et contrairement aux pauvres jeunes gens démarchant l’hiver à l’entrée des métros pour Amnesty, le Sidaction ou l’Unicef, on se pêle moins les miches derrière le clavier de son Mac. Compétences requises pour le job: un talent de plume, quelques notions de droit et un caractère cynique qui vous permet de raconter avec assurance des sottises auxquelles vous ne croyez pas vous-même. Si vous avez tout cela, c’est gagné!

Clovis Deforme

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