Jacqueline

Il y a ceux qui ont des choses à dire et qui se taisent. Il y a aussi celles qui n’ont rien à dire mais qui l’ouvrent quand même.

On pourrait faire un catalogue de ces bestioles nuisibles, à la manière des revues de jardinage qui listent les caractéristiques des parasites s’attaquant aux plantes. J’en prendrai un, assez cocasse : l’éternelle quinquagénaire à nichons tombant sous une polaire informe, ancienne travailleuse sociale dont la ménopause entraîne un surcroît d’hystérie, la poussant à se mobiliser à la tête d’un collectif local « antifasciste » contre tout et n’importe quoi : un arrêté municipal antiroms, un concert non-avalisé par le MRAP, un projet de bar ou de salle de sport associatifs ne faisant pas la promotion du meltingpot,… Le jour où je sortirai mon album de rap (encore en phase d’écriture), recelant des textes d’une perfection classique assez rare dans ce genre musical – je donne, pour les lecteurs de la Camisole, en exclusivité, ce petit extrait en alexandrins : « J’en ai rien à foutre de la journée de la femme/J’suis plutôt militant d’la journée du lance-flammes » – je m’attends à subir les foudres de cette Antigone archiconne de sous-préfecture. Comme on dit : il va y avoir du sport…

Mamie Jacqueline s’en-va-t-en-guerre contre les fachos, elle gueule « No Pasaran! » comme une génisse qui met bas, spectacle à la fois tragique et comique où elle s’humilie, poing dressé en l’air, ses nichons flasques ballottants dans tous les sens, sous l’œil pourtant bienveillant des caméras de France3-région et des smartphones des petits fragiles du NPA. Son argument-massue : « On est au XXIe siècle », « On est en 2016 », etc. C’est très gentil à elle de nous le rappeler – elle n’est pas la seule –, même si ça n’a aucune valeur intellectuelle. C’est l’embêtant avec ce que j’appelle les « calendriers parlants », que l’on entend ânonner les mêmes choses à chaque rassemblement contre l’esstrême drouate, l’homophobie, la faim dans le monde et les dragons qui bouffent les licornes.

Mes amis catholiques vont sans doute grincer des dents – ce ne sera pas la première fois, ils ont l’habitude – mais je dois dire qu’il est des individus, pour ne pas dire des catégories, pour lesquelles l’euthanasie serait une solution écologique, une solution de salut et de salubrité publics. François Hollande avait promis d’aborder le débat sur la « fin de vie » durant son quinquennat; on arrive à quelques mois de la présidentielle, et je regrette que le Président normal ne se soit toujours pas occupé de cette promesse de campagne, qui offrirait une sortie de scène à peu près digne pour Jacqueline-Pasionaria du Limousin. Un quinquennat pour rien, comme dirait l’autre. Mais je garde espoir et mets toute ma confiance en Hollande pour la séquence 2017-2022. Si besoin est, je veux bien donner un coup de main au futur gouvernement socialiste pour aider à l’extinction des séniles de ce genre…

Clovis Deforme

Auteur: Clovis Deforme

Né à la fin du XXème siècle. A rejoint la Camisole en 2015. Elu à l'Académie française en 2058.

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