Le grand oral du candidat Guaino devant la Cocarde

Est-on face à un renouveau du Gaullisme ? C’est une question qui nous vient à l’esprit quand on voit de jeunes étudiants s’en revendiquer et inviter des responsables politiques qui assument encore cet héritage dans sa globalité. C’est ainsi que le 23 novembre dernier le gaulliste Henri Guaino répondait à l’appel de la Cocarde et débarquait au bar le François Coppée pour présenter son projet à la résistance souverainiste. La mobilisation fut au rendez-vous, la salle comble avec plus d’une soixantaine de personnes dont certaines devaient se tenir debout dans l’escalier pour pouvoir profiter de la bonne parole de l’apôtre du jour. Autant dire que cette réunion fut un franc succès pour l’association gaulliste qui peine encore à trouver sa place dans le paysage politique étudiant. Le conférencier a d’ailleurs concédé n’avoir appris que récemment l’existence d’une structure gaulliste dans les universités.

Après une brève introduction, le député candidat a dégainé ses arguments et commencé une critique acerbe de la politique actuelle. Ses salves eurent un goût de revanche contre ses anciens camarades. Déplorant la disparition du gaullisme au sein du parti qui s’en revendique, il s’est  attaché à détruire l’idée que certains se font de la mondialisation contestant ainsi la recommandation habituelle d’imiter les pays « qui ont réussi ». La primaire de la droite fut un sujet incontournable de cette réunion. Le député a ainsi pu partager tout le mal qu’il pensait de ce mode de désignation du candidat. N’y voyant qu’une mise en scène de l’affrontement d’un peuple de droite et d’un peuple de gauche divisant là où il faut rassembler ; il s’interroge « où est le peuple de France ? » rappelant très justement que « Le président qui sera élu sera celui de tous les Français ! ».

Las de la politique politicienne il a taché de montrer qu’il sait prendre de la hauteur en se faisant le héraut d’une politique au sens noble du terme ; abandonnée depuis trop longtemps au profit de mesurettes sans effet selon lui. Il souhaite que l’économie ne soit plus dissociée du politique, y voyant une solution aux préoccupations actuelles en matière de défense, de sécurité ou même d’identité.

Se référant aux prophéties d’un monde de demain fait d’archipels de villes mondiales, il poursuivit son discours sur la ruralité ; sujet dont l’absence ces derniers temps nous ferait oublier la terrible crise que subissent ces territoires sujets à la désertification. La critique portait cette fois sur les chantres de la tradition et du terroir, partisans d’économies sur les services publics de proximité, ne comprenant probablement pas que l’enclavement encourage l’exode rural. Ces remarques lui permirent de mettre en lumière  le silence assourdissant des compétiteurs à la primaire concernant ces questions de politiques publiques et d’aménagement du territoire.

Une fois la parole donnée au public la conférence prit un nouvel élan. En effet ce fut l’occasion d’une joute des plus cocasses entre M. Guaino et un membre de l’assemblée qui s’est permis d’adresser des remontrances à l’orateur. N’hésitant pas à qualifier son programme d’irresponsable et l’accusant de ne pas s’engager vers la voie de la réforme et de la rationalité budgétaire. Le conférencier n’appréciant pas ce reproche lui rétorqua alors que les politiques menées par d’autres pays en Europe comme en Italie ou en Allemagne sont terribles sur le plan personnel car elles appauvrissent une part importante de la population ; rappelant au passage que ces pays ne sont pas les jardins d’éden tant vantés par certains. Il s’est acharné à essayer de faire entendre raison au jeune exalté en lui rappelant que les comptes d’un État ne sont pas ceux d’une entreprise, que l’endettement pour l’investissement était utile et que si les entreprises peuvent licencier des employés, l’Etat ne peut pas licencier ses administrés. Citant Maurice Allais il a ajouté qu’en économie seul l’avenir compte. En bon adepte du général de Gaulle il a également rappelé qu’au sortir de la seconde guerre mondiale deux choix s’offraient, l’austérité ou l’investissement et que le choix du Général fut l’investissement avec le résultat probant que l’on connaît. L’accusateur public ne s’est toutefois pas laissé faire et à continuer à invectiver le candidat sur sa vision de l’économie taquinant la patience de M. Guaino avant de s’en aller attristé de ne pas avoir réussi à démontrer qu’un budget équilibré était ce qui importait le plus.

Mis à part cet adepte de la rigueur économique le public fut conquis, le duel a « réveillé la salle » pour Arthur, en master à Paris II, qui ne tarissait pas d’éloges pour son champion. François-Xavier, employé dans l’aéronautique, a également été ravi, il estime que M. Guaino a su « mettre en évidence ses valeurs gaullistes avec le lien politique et économie », il a ajouté que cette réunion « redonne espoir dans une politique qui se démarque du microcosme habituel. Christian est tout même sorti mitigé de cette réunion, regrettant l’absence de propos sur l’identité ou l’immigration. Alors M. Guaino, quand l’économie va tout va ?

 

Frédéric Gawlowski

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