Le hollandais volant

C’est officiel, François Hollande ne briguera pas un second mandat en mai 2017. Il aura fallu que s’écoule presque entièrement le lustre présidentiel pour qu’enfin soit dissipée cette ultime prétention. Celui qui avait fait de la stratégie des « petits pas » son modèle n’aura donc pas voulu courir le risque de recevoir un grand coup de pied au derrière. La dure réalité de la Politique a balayé d’un revers de la main les petits pions – pourtant si soigneusement avancés – du politicien. Car les meilleurs tacticiens ne font que rarement de bons stratèges, et nombreux sont les cas dans l’Histoire où le gain de batailles n’a pas garanti la victoire dans la guerre.

La guerre du Président Hollande, ce fut moins celle d’un homme face à de potentiels prétendants au trône que celle menée contre son peuple, contre la volonté de son peuple. Il n’aura pas réussi à lui faire entendre raison, les « gens ordinaires » s’entêtant décidément à davantage écouter leurs passions et leurs fantasmes que leurs intérêts bien compris. Il serait tellement plus simple de faire reposer l’onction présidentielle uniquement sur le jugement de ceux qui comptent : des juges de tout poil aux prédicateurs médiatiques, des dirigeants de grands groupes aux militants « anti », des pairs de l’Europe aux chantres de l’atlantisme. François Hollande aurait alors eu toutes ses chances, lui qui avait si bien appris ce qui, depuis plusieurs décennies déjà, fait office de récit d’Institution chez nos dirigeants dans leur rapport à la France : « Prenez, et mangez-en tous, ceci est son corps livré pour vous ». Cette généreuse soumission, le Président la maniait à merveille, bien que l’intermède tout schmittien de l’état d’urgence l’ait un temps fait paraître moins flottant dans les habits du monarque-président de la « Cinquième ».

Quel « coup » François Hollande peut-il donc encore dissimuler dans sa besace ? Il semble bien difficile de lui percevoir une quelconque porte de sortie qui ne l’oblige à courber davantage l’échine sans la briser. « Après moi le déluge » est certainement l’adage qui résonne désormais en lui, et tout son funeste équipage risque bien de sombrer à sa suite. À moins que l’on se rappelle cette légende marine qui veut qu’un navire, après avoir été frappé de malédiction suite à ses crimes et ses cruautés, continue à errer sur les mers jusqu’à la fin des temps.

Cart Broumet

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