WASP is not dead

Les prophéties sont dangereuses pour les prophètes. À trois heures du matin, la réalité des urnes a renvoyé à leurs chères études la corporation des astrologues annonçant l’inéluctable retour de la Famille Clinton à la Maison Blanche. La Camisole n’était pas en reste. Notre numéro de novembre exprimait un intérêt légitime pour l’actualité américaine. Et nos prédictions furent moins exactes que les mesures temporelles d’une clepsydre. À minuit trente, l’auteur de cet article s’endormait en croyant s’épargner l’accomplissement prophétique et autoréalisateur du triomphe Clintonien. Comme toute la nuée des folliculaires imbéciles de la presse, nous pensions l’élection déjà jouée. Son organisation passait presque pour une débauche inutile de moyens. Un poste budgétaire à rogner d’urgence en période de restriction. « Madame la Présidente » était déjà désignée, proclamée, fêtée, adulée, désignée, encensée ; je circulai donc comme refusa jadis de le faire Philippe Séguin, en concédant qu’il n’y avait « rien à voir » et regardai aussi les étoiles où semblait inscrite la défaite de Trump.

Dans les étoiles mais aussi, pour qui croit savoir les lire, dans les savants diagrammes de la carte électorale états-unienne. En cela, nous ne différions pas beaucoup de l’analyse des gros médias. Comme eux nous remarquions que l’Amérique d’Obama n’était plus vraiment celle de Nixon : comme eux, nous notions son récent bronzage ; regardions ses filles plus nombreuses sur les bancs de la faculté que dans leur cuisine familiale. Et avec cette sympathique évolution sociétale, le maintien au pouvoir du Parti qui l’accompagne et de sa candidate.

Une certaine Amérique avait donc fait son temps. Elle avait érigé sa nation en tentant maladroitement d’y enraciner la culture européenne. Elle en reprenait malgré elle bien des formes essentielles : sa langue, sa culture politique, ses structures familiales, son esprit d’entreprise, ses affinités littéraires… La chute de la Confédération en 1864 avait amorcé son déclin. Depuis, elle ne faisait que reculer. La démographie jouait contre elle : représentant encore deux tiers de la population, les blancs étaient promis à devenir une minorité à l’horizon 2050. Le Parti Démocrate contrôlait l’essentiel du vote des minorités. Arithmétiquement, il lui suffisait alors pour l’emporter de rassembler le tiers d’électeurs blancs libéraux qui lui étaient déjà acquis. La tâche semblait à la portée d’une candidate même aussi rejetée qu’Hillary Clinton. Donald Trump avait lui fort à faire. Blasphémant les dogmes du politically correct, il insinuait quelques doutes sur le bien-vivre-ensemble de la nation américaine et heurtait l’ensemble (paraît-il) des communautés hispaniques, noires, asiatiques ou encore LBGTQIE64-KKK/op.wp-admin. Même investie par le Parti Républicain, sa candidature semblait donc être le baroud d’honneur d’une communauté condamnée.

Difficile quand on a été à ce point à côté de la plaque de venir expliquer pourquoi les choses ne pouvaient se dérouler que de cette manière et comment chacun avec un peu d’érudition de bon sens aurait pu anticiper ce que lui-même à aucun moment n’a vu venir. L’auteur de cet article se livre donc ici autant à une analyse qu’à une psychanalyse. Car personne n’arrive encore à croire ce qui vient d’advenir. Donald Trump va devenir le président de la super puissance mondiale, celui qu’on appelle encore « l’homme le plus puissant du monde ». Cet événement historique mérite pour une fois l’emploi de son épithète.

Le Retour de la Nation américaine ?

Huit ans après l’avènement rédempteur du Premier-président-noir-de-l’-Amérique, une réalité assez éloignée de ce que nous avions alors halluciné se révèle. Les clairons célébraient en 2008 la nouvelle Amérique. Elle devait être réconciliée, post-raciale, en marche, se présentant comme plus tolérante et «ouverte». On disait qu’elle avait exorcisé ses vieux démons. Bazardés son héritage esclavagiste, ses haines communautaire, la torture puritaine qui pourchassait depuis l’origine l’âme de chaque citoyen d’Amérique et qui faisait d’elle une terre de violence et d’angoisse

La venue de Trump réalise une toute autre prophétie, plus lucide, plus honnête que les hystéries Obamanistes du nouveau millénaire. Elle fut d’abord prononcée par Samuel Huntingon dans son ultime ouvrage Qui sommes-nous ?. L’auteur se livrait à une méditation critique sur le devenir de la nation américaine. Il y décrivait avec inquiétude les prémisses d’un affrontement communautaire. Sondant son identité et ses origines, il appelait à une réaction de défense culturelle. L’homme était un patriote américain et était à ce titre attaché à la culture européenne, protestante et anglophone de son pays. Blâmé pour cela, il eut à endurer la sempiternelle volée d’injures phobiques. L’actualité doit nous inviter à porter sur cette analyse un tout autre regard et à en valider pour partie le constat.

On fait de Donald Trump la cause de l’émiettement communautaire américain quand il n’en est que le symptôme. Son élection fait suite aux émeutes raciales mettant aux prises « jeunes » et policiers. Aux « black lives matter » répondent en écho la voix d’un pays qui refuse de mourir. La proposition clintonienne qui est celle de la gauche locale a fini par lasser le corps américain traditionnel, passablement agacé par l’éloge aveugle et fantasmatique d’une nation plurielle et apaisée. Trump a donc été porté par une réaction identitaire. Nous connaissons la même en Europe, ses causes sont d’ailleurs similaires. Ce phénomène semble atteindre tout le monde occidental. C’est à raison qu’observateurs et hommes politiques dressent quelques analogies entre les deux continents. Mais l’intérêt politique du personnage ne s’arrête pas à cette seule dimension.

Nous avons découvert avec Trump le visage d’une Amérique qui ressemblait assez peu au soft power clintonien, assez peu au modèle promu par la fiction et la publicité. Et cette nation ne ressemble pas non plus à la promotion qui en est faite. Elle ressemble en fait peu à son Empire. Elle a pu trouver en Trump un candidat qui l’en libérera. Entendons-nous : le renoncement à la puissance hégémonique vient plus souvent de la lassitude des peuples dominateurs que de la résistance des peuples dominés. Rome et Athènes ont dû revoir leur effort de guerre quand l’hégémonie devenait trop coûteuse. A ce titre, la position de Trump n’a souffert d’aucune ambiguïté : l’Amérique n’alignera plus de dollars pour la défense des pays baltes ou de la Moldavie. Au calcul du coût-avantage, l’imperium américain assuré par l’OTAN se révèle désavantageux. Trop coûteux mais aussi trop pernicieux.

Car c’est souvent au prix de changements culturels et anthropologiques qu’une nation étend et légitime son imperium. La Russie aurait elle pu faire accepter son glacis protecteur autrement que par l’emploi perpétuel de la force si elle ne l’avait pas légitimé par une arme beaucoup plus pernicieuse : l’idéologie ? De 1945 à 1990, l’armée du Tsar ne se voulait pas impériale mais rouge. Elle n’apportait pas la servitude mais l’émancipation. Le communisme promettait de libérer ces peuples ; ce subterfuge permit de faire illusion un temps. Et nul doute que sous ce décor, l‘imperium russe aurait duré si Gorbatchev à la veille de la chute du mur de Berlin n’avait pas donné quitus aux manifestants. Il promit que la Russie n’enverrait pas son armée rétablir l’ordre pan-slaviste et l’orthodoxie marxiste comme elle le fit en Tchecoslovaquie ou en Hongrie. La nation russe avait trop donné. Avec son Empire, elle envoyait aux oubliettes de l’histoire l’idéologie qui l’avait légitimé.

Gorbatchev avait brisé un certain nombre de tabous à l’intérieur même de son pays. Passée la glasnost et la perestroïka, il n’y avait plus guère que quelques apparatchiks gâteux pour afficher une adhésion (essentiellement alimentaire) à la phraséologie du Parti. Le communisme et l’Empire bloquaient l’expansion du pays, son émergence entant que puissance moderne. L’idéologie, si elle est essentiellement un vecteur de puissance n’est jamais neutre pour les peuples qui s’en servent. Celle-ci avait bloqué la société russe et tué son outil industriel. Tout le pays était inerte. Renoncer à une part de sa puissance permettait de se libérer de ses effets plus pernicieux. Avec Elstine, la Russie s’affranchissait elle même du système trans-national qu’elle avait crée.

L’Amérique semble suivre un chemin similaire. Comme Gorbatchev au crépuscule d’un communisme finissant, Trump a fait voltiger à la hussarde tous les mensonges sur lesquels l’Amérique avait vécu. Au sein du pays réel américain, les billevesées du doux commerce, de la primauté morale des droits de l’homme ou du bien être multicommunautaire ne laissaient plus grand monde dupes. Ces mêmes billevesées servirent et servent toujours à légitimer la puissance américaine. Ses canons l’imposent depuis 1945. L’Amérique est encore aujourd’hui engagée sur six théâtres d’opération. Toujours, elle combat des « dictateurs sanguinaires » quand ce ne sont pas des « fanatiques religieux ». Par un providentiel hasard, tous ont pour point commun d’être établis dans une région vitale pour les intérêts américains et ses approvisionnements énergétiques. Pour combattre les insoumis elle fait appel à une parole de « paix et de liberté », invoque un cas de conscience auquel suit presque aussitôt des cortèges de GI’s. C’est au nom du droit, paraît-il, que la famille Bush attaqua par deux fois feu le président Hussein, patriote libre d’une République irakienne aujourd’hui en ruine.

Il reste que cette puissance ne fut pas sans conséquence pour la nation américaine. Si elle recevait par son empire des honneurs, du pétrole et des capitaux, elle dût adapter sa culture au mode de vie dont elle faisait la promotion. A l’intérieur, elle se conformait au modèle « libéral » associant le puritanisme féministe, despotisme communautaire et inhibition sémantique. Celle-ci a finit par comprendre que son pouvoir avait un coût. Pour devenir un phare moral et idéologique, elle dût fondre son corps traditionnel d’origine, les anglophones européens protestants dans le même magma que celui proposé et imposé au monde ; soucis de cohérence. L’idéologie a donc vécu. Trump semble vouloir signer son acte de décès. L’Amérique, première victime de son Empire, semble l’avoir entendu. La victoire de Trump est autant une réaction identitaire qu’une lassitude d’hégémôn, sans qu’aucune de ces deux dimensions ne s’excluent.

Et maintenant ?

Depuis la nuit de mardi, les aboyeurs croient voir s’élever une apocalypse lunaire quand des esprits libres célèbrent un grand soir depuis longtemps espéré. Tous semblent surestimer la portée politique réelle de l’événement. On entend que le GOP a depuis mardi gagné le congrès et la présidence offrant à Trump une parfaite liberté d’action. C’est oublier un peu vite que le Président américain n’est pas le Roi-Soleil de la Ve République. Il a au-dessus de son pouvoir une constitution qui établit un régime présidentiel authentique : là-bas un exécutif fort et un législatif fort se font face et ils sont en capacité de se neutraliser. Le président ne peut ni renvoyer les députés devant les électeurs ni procéder à un vote bloqué. L’élection de sa majorité n’est pas garantie par son investiture ; les représentants comme les sénateurs ont une indépendance que jalouseraient les députés français de l’actuelle majorité qui comptent presque autant de collègues que de jours dans l’année.

Plus grave pour Trump, les cadres de son parti lui ont manifesté en toutes occasions de l’indifférence quand ce n’était pas de l’hostilité. C’était à peine s’ils avaient daigné se rendre à la convention de Cleveland enjoindre les électeurs de faire barrage à l’épouvantail Clinton en mentionnant du bout des lèvres le nom de leur candidat. Embarrassé par des scandales sexuels il y a quelques semaines, Trump fut désavoué par bon nombre d’entre eux. Et ils sont encore fermement établis dans le système : Paul Ryan qui a refusé, au dernier mois, de faire campagne pour le nouveau président devrait être reconduit à la tête de la Chambre des représentants, poste clef de la vie politique américaine. Il ne peut donc compter sur le soutien inconditionnel de « sa » majorité. Quel qu’il soit, un président américain doit constamment négocier avec le congrès. L’opposition dispose par ailleurs d’importants moyens d’obstruction. Sans compter le système fédéral qui accorde une large autonomie aux États et tous les gardes-fous comme la Cour suprême qui ont un pouvoir significatif garanti par la constitution.

L’Amérique reste pour nous une nation mystérieuse et paradoxale. À ce titre, tous les éléments ici décrits qui rendront difficiles l’application du programme trumpiste ont dans une autre mesure permis son succès. On parle d’onde de choc, de conséquences immédiates sur l’Europe, Marine le Pen se voit arriver à sa suite. C’est oublier un peu vite ce qui sépare nos cultures politiques. Aucun État d’Europe romaine ne semble prêt à se donner à un Trump local.

Pour « anti-sytème » qu’elle fut, sa candidature n’en a pas moins rallié des personnalités respectées comme Chris Christie ou Newt Gringrich voire adulées comme le maire new-yorkais du 11-Septembre, Rudy Giulianni. Elle profitait ailleurs d’importants relais médiatiques. Une société civile capable de déverser des fleuves de dollars s’en est faite la promotrice. Des lobbys millionnaires en nombre d’adhérents comme la NRA ou des syndicats influents ont appuyé sa candidature. En France, madame Le Pen n’a pas autant à offrir. Nous restons prisonniers d’une culture politique verticale. Elle n’admet pas d’intermédiaires entre l’État et l’individu. Cette société civile, puissante dans le monde anglo-saxon, ces « corps intermédiaires », tout ce qui subsiste entre l’individu et l’État garantit dans l’espace public un moyen d’expression libre.

L’Amérique, comme l’Angleterre, n’ont pas les mêmes coutumes politiques que l’Europe romaine. Sa société civile est suffisamment forte pour pouvoir résister aux pressions du système politique. Une candidate comme Clinton, aussi liée aux intérêts médiatiques, politiques et affairistes peut se voir opposer une sérieuse résistance. Une résistance forte mais qui n’est pas cantonnée à un ghetto politique ou une posture de refus comme le sera sans doute la candidature de Mme Le Pen . Concrètement, on ne gouverne pas sur une nation d’hommes américains armés comme on règne sur un peuple de francophones émasculés. Ces corps intermédiaires, ces institutions sophistiquées, ce raffinement juridique empêchent l’absolutisme de tout pouvoir politique verticale. Il rendra donc difficile la stricte application de programme de Trump car son pouvoir sera nécessairement limité. On peut en même affirmer, sans trop de risques, qu’il a en partie rendu possible son élection.

Le sens de l’Histoire 

L’essentiel est peut être ailleurs que dans l’application de « promesses » dont chacun sait qu’elles n’engagent jamais que les imbéciles qui les reçoivent. Compte tenu du système politique américain, des règles assez sophistiquées qui l’organisent, on ignore dans quelle mesure Trump aura la volonté et le pouvoir d’appliquer son programme.

Les enseignements du vieux maître de Martigues doivent nous inviter à la prudence. Une élection ne fait pas l’histoire ; elle peut cependant en révéler le mouvement général. Ce mouvement est d’abord politique et touche de très près à la société américaine. Les notions de « droite » et de « gauche » sont là-bas nettement plus relatives qu’en Europe. Les deux partis hégémoniques ont pu dans l’histoire alternativement se situer d’un côté ou de l’autre de la frontière. Encore aujourd’hui, ces démarcations sont assez mouvantes sur ses flancs modérés. Des élus républicains de la côte Est ne seront pas forcément beaucoup plus à droite qu’un sénateur démocrate du Sud. Ce qui apparaît nettement, c’est une mutation durable du GOP. Refondé par Reagan durant les années 1980, il offrait une synthèse entre l’esprit d’entreprise, le rigorisme chrétien et la défense du leadership américain. Les Bush, McCain ou Romney ont repris l’essentiel de ce programme. Trump semble déterminé à tourner cette page.Nous avons décrit le peu d’intérêt qu’il porte à l’impérialisme militaire américain. Sa vie privée, ses multiples mariages, sa personnalité fantasque n’en font pas franchement un puritain et il n’a pas dit mot pendant les primaires des sujets « sociétaux » chéries par la droite conservatrice. Pour l’économie, si on voit mal le milliardaire appeler à l’appropriation collective des moyens de production, quelques propositions allant dans le sens d’une meilleure protection sociale, notion jusqu’alors tabou au sein de la droite américaine, ont été formulées. Trump a aussi vertement dénoncé les accords de libre-échange (ALENA notamment), y voyant à raison une des causes du déclin de l’industrie américaine. Plus encore, il n’a pas cessé de dénoncer les liens entre l’oligarchie financière de Wall Street et le monde politique, faisant en cela écho au discours de Bernie Sanders pendant la primaire démocrate. Incontestablement, son discours économique a pu incarner la contestation de l’ordre financier.

C’est pourtant au sein même du Parti Républicain qu’est né ce mode de pensée et cette forme d’organisation économique. Son discours depuis les années 70-80 reposait sur une appétence immodérée pour le business, une obsession « réformiste » conduisant à lever toutes les contraintes sociales ou étatiques à l’activité marchande. Elle trouva en Reagan son incarnation. En Angleterre, la droite était conduite par Margaret Thatcher. Tous tenaient le même discours : le décloisonnement des activités, la déréglementation des marchés, la libération des échanges sont légitimes en ce qu’ils libèrent les talents les plus performants qui assureront un rôle moteur pour conduire le reste de la société. Le GOP de Trump serait donc entrain de bazarder l’héritage de Reagan, comme le parti Tory pourrait bazarder l’héritage de Thatcher. Le Brexit voté, Theresa May propose déjà le retour d’une politique industrielle avec même quelques promesses sociales .

On voit au sein même des pays qui ont fait naître ce paradigme, le triomphe de sa remise en cause. Plus encore, les partis qui l’avaient promu et imposé semblent aujourd’hui en bonne voie pour l’enterrer. La droite anglo-saxonne revient à une tradition ancienne. Celle de Disraeli décrivant dans son roman Sybill au milieu du XIXe une concorde politique rendue impossible par les antagonismes de classe. Elle incarnait un idéal de protection face à une gauche qui définissait alors comme pleinement libéral. Et, par-delà leur frange conservatrice, ces sociétés renouent avec une culture de sacralisation la personne qui leur est propre. Celle de l’individualisme qu’initia l’Habeas Corpus et qui rendit ces peuples très attentifs aux gens simples, aux gens de rien qui font la réalité d’un pays. Qu’on lise Kerourac, Thoreau et Melville aux États-Unis ou Dickens en Angleterre : on y rencontrera le cortège d’individus aussi ordinaires qu’exotiques dont la simplicité fait l’intérêt et l’exception. Ce sont les électeurs de Trump. Comme les brexiters, ils ne parlent pas le cuistre. Ils ont une voix libre et affranchie qui leur est dictée par l’instinct.

C’est en cela que l’élection de Trump est prometteuse ; comme le fut d’ailleurs le Brexit quelques mois auparavant. Elle porte la voix désinhibée d’un monde occidental perdu dans son raffinement, par des voix insincères, sottes et ennuyeuses d’une classe semi intellectuelle pourvue d’ersatz de diplômes inutiles. Elle ne s’autorise pas à convoquer de grands concepts mais croit tout simplement posséder un certain bon sens. Elle aspire aujourd’hui à l’affranchissement. Elle veut renouer avec ses valeurs authentiques. En cela, elle accompagne le grand mouvement de l’Histoire qui voit revenir toutes les vieilleries que notre époque avait cru pouvoir un peu trop rapidement ranger dans les allées sombres des musées. Peuples et nations n’ont pas pris la poussière. Ils aspirent de nouveau à faire l’Histoire. Et il appartient peut être encore à l’Amérique de l’écrire.  

Hector Burnouf

Auteur: Hector Burnouf

Comte des cigales. Prochainement

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