Une primaire pour les gouverner tous

C’est parti, la course est lancée, les candidats ont porté avec fierté les parrainages de leurs supporters afin de s’inscrire dans le grand rallye des primaires de la droite ! L’occasion pour La Camisole de faire un petit tour d’horizon des candidats.

Commençons par Hervé Mariton, le « catho de service » qui a souhaité rappeler qu’il était juif au moment de sa disqualification. Il faut croire que ses pulls colorés n’auront donc pas eu l’effet escompté sur la haute autorité ce qui nous étonne étant donné le bon goût avec lequel il les sélectionnait.

Dans les candidats retenus on peut citer Nathalie Kosciusko Morizet, la seule femme, fière de représenter la gent féminine quitte à ce que ce soit tout ce qu’elle apporte à la primaire. Rappelons tout de même que cette compétition doit permettre de désigner le futur candidat soutenu par Les Républicains. On imagine déjà la joie de certains si ils doivent soutenir une candidature qui a été possible grâce à la gauche comme celle de NKM qui a profité de parrainages de parlementaires siégeant de l’autre côté de l’hémicycle. Enfin ne faisons pas de discrimination si on peut naître femme dans un corps d’homme on peut bien imaginer être de droite dans un siège de gauche !

Après avoir parlé de La femme de la primaire, on ne peut échapper au taulier, Nico, l’ancien président, certains de ses aficionados n’ont jamais admis sa défaite en 2012 et voient le quinquennat en cours comme une régence de François Hollande. Du côté des parrainages c’est lui qui domine, Nicolas Sarkozy aka « Khadafiboy », il a rassemblé plus de 100 parlementaires et 20 000 adhérents à jour, encore une preuve s’il en fallait que la politique c’est un peu comme une bonne cuite, on a la gueule de bois après mais on ne s’arrête pas de boire, on dirait même qu’on en redemande.

Après avoir parlé du seul président de la Ve République en valant la peine on est forcés de parler de François Fillon, avec lui on réalise que FF ce n’est pas que les initiales de France Football. Comment fait-on campagne pour être candidat à la présidence de la république quand on a été premier ministre pendant le quinquennat précédent et que l’on a son ancien président comme rival ? On attaque, on dégomme, on ne cherche pas midi à quatorze heures. François a choisi de sortir l’artillerie lourde, « qui imagine le général de Gaulle mis en examen ?» Sarkozy pourrait être fier d’être comparé à de Gaulle, surtout qu’il n’est pas le seul à être passé par la case judiciaire. « En France il y a un problème lié à l’islam » on n’arrête plus Fifi ! Il a dépassé Sarkozy sur sa droite avec un panzer, au moins il ne peut pas passer inaperçu !

Mais cette primaire est également l’occasion de retrouver le Grand Sage, Alain Juppé, doyen de la primaire, représentant l’expérience à défaut du renouveau de la classe politique. Nous sommes forcés d’admettre qu’il a une expérience politique assez imposante, il débute comme collaborateur de Jacques Chirac en 1976, son premier ministère date de 1986, il est même premier ministre de 1995 à 1997 ; poste où il excelle tellement qu’il est remplacé par Lionel Jospin suite à un très bon résultat aux élections législatives de 1997, bon pour le PS d’accord. Mais malgré ce petit incident de parcours on n’enlèvera jamais à Alain Juppé sa réputation d’homme intègre, les emplois fictifs de la mairie de Paris c’était Chirac nous disent ses militants, heureusement qu’ils sont là pour nous rappeler que les juges ont tort !

Après le détour par la maison de retraite nous retrouvons le petit jeunot, Bruno le Maire, BLM, Bruno pour les intimes. « Le renouveau c’est Bruno » nous scandent ses admirateurs. On a beau objecter qu’incarner le renouveau avec un début de carrière politique en 1998 c’est cocasse, qu’un ministre de l’agriculture qui ne sait pas ce que représente un hectare c’est de l’incompétence, on se dit que le slogan est quand même beau. Alors Bruno qu’est-ce que ça vaut ? Suppression de l’ISF, réduction des indemnités chômage et du RSA, mise en place de petits boulots payés 5 euros de l’heure : être avec Bruno c’est pas pour les branleurs ! Bruno c’est la France qui se lève tôt, Bruno c’est tous au boulot, Bruno c’est pas pour les clodos… On ne s’arrête plus avec Bruno.

Dans la catégorie poids lourds (comprendre boulets) on peut citer Jean François Copé aka « Bigmilion ». Copé a beau être le mouton noir, personne ne voulait plus le voir ni le recevoir quand il a démissionné de la présidence de l’UMP, il est au plus bas dans les sondages mais il veut encore se présenter pour prouver à la France, que dis-je au MONDE, qu’il a LA solution, qu’il va faire LA rupture, c’est sûr lui avec lui ça va pas rigoler on peut lui faire confiance.

Il ne nous en reste qu’un, énigmatique, touchant, amusant pour certains, antisémite pour d’autres. Jean Frédéric Poisson qui es-tu ? Le remplaçant de Christine Boutin au PCD fait figure d’OVNI dans cette primaire, personne ne le connaît. Mais il ne faut pas prendre le Poisson pour un bâtonnet Findus ! Il va de surprise en surprise, ainsi il n’hésite pas à se dire plus proche de Marion Maréchal le Pen que de NKM (comment quelqu’un de droite peut se sentir si éloigné de NKM ?) et a prononcé la phrase la plus risquée de sa carrière politique en osant parler de lobbies sionistes (sic) ! Ces prises de positions hétéroclites au sein des républicains lui auront valu des remontrances de la Haute Autorité, le Poisson du Parti Chrétien aura évité les pêcheurs du parti Républicain (pour cette fois…) !

 

Frédéric Gawlowski

Auteur: Frédéric Gawlowski

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